Jeu pathologique
Les associations ANPAA 41 et VRS possèdent depuis novembre 2009 deux centres de soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) option jeux pathologiques ; elles sont aujourd’hui en capacité de prendre en charge les addictions au jeu.
On assiste aujourd’hui à une progression probable des conduites de jeu d’argent et à leur évolution (développement du jeu sur Internet, développement de certaines pratiques telles que le poker, démocratisation du jeu par les jeux de la Française des jeux notamment). Le jeu excessif ou pathologique est un authentique problème de santé publique, du fait de ses nombreuses conséquences négatives en France comme dans la plupart des pays. Classé par le DSM-IV TR parmi les « troubles du contrôle des impulsions », le jeu pathologique est défini comme la « pratique inadaptée persistante et répétée de jeux d’argent qui perturbent l’épanouissement personnel, familial ou professionnel ». Il s’agit, pour certains, d’une véritable « addiction sans drogue ».
Principales caractéristiques du jeu pathologique et de sa prise en charge
- Critères diagnostiques (DSM-IV TR) : psychologiques (préoccupation constante pour le jeu), comportementaux (mensonges, actes illégaux, mise en danger d’une relation affective importante, d’un emploi, efforts constants pour arrêter ou contrôler le comportement)
- Critères proches de la dépendance : nécessité de sommes d’argent croissantes pour atteindre l’excitation, agitation, irritabilité lors des tentatives de réduction ou d’arrêt
- Intérêt de distinguer l’abus de jeu ou jeu excessif et le jeu pathologique
- Prévalence sur la vie du jeu pathologique entre 1,2 et 1,8%
- Bien que classé parmi les troubles du contrôle des impulsions dans le DSM-IV, le jeu pathologique est une addiction comportementale
- Le parcours du joueur pathologique comporte une phase de gain puis souvent une phase de perte conduisant à une phase de désespoir (difficultés financières, syndrome dépressif et conduite suicidaire)
- Possibilité d’actes médicolégaux
- Forte comorbidité psychiatrique avec les autres addictions, les troubles de l’humeur, les troubles anxieux et le trouble de la personnalité
- Importance des approches étiopathogéniques cognitivo-comportementales : rôle majeur de l’illusion de contrôle du hasard
- Approches biologiques et génétiques discutées : rôle prépondérant des systèmes dopaminergiques
- La prise en charge repose moins sur les traitements pharmacologiques que sur les traitements psychothérapiques : thérapies motivationnelles, thérapies comportementales et cognitives
- Nécessité de formation d’intervenants spécialisés au sein de structures de soins des addictions
Extrait du livre : Addictologie, de LEJOYEUX Edition MASSON P234
2, rue Sainte-Anne